Retour sur notre participation aux Rencontres du carnet de voyage à Bordeaux

Le week-end des 3 et 4 décembre 2016, le Projet 51 participait à son tout premier salon, celui des Rencontres du carnet de voyage, 2e édition organisé par l’association Lettres du Monde 🙂
On remercie du fond du cœur leur équipe GÉNIALE de nous avoir invités et si bien accueillis à Bordeaux !!!

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On a adoré parler avec tous ces gens passionnés de voyage, curieux d’écouter nos anecdotes et les récits de nos rencontres avec les femmes du monde.

On a adoré animer une conférence et avoir la parole pour raconter cette grande aventure qu’a été le Projet 51.

C’était une occasion de plus de transmettre ce que des femmes comme Aïcha Ech Channa, Katy N’Dione, Oumro Khairy Kane, et bien d’autres, nous ont enseigné, chaque jour, partout dans le monde.

Et on espère qu’il y en aura plein d’autres !

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Quand parler de « désir de voile » faisait rire tout le monde en Egypte…

Quand Nasser faisait rigoler tout le monde en évoquant le « désir de voile » des Frères Musulmans…

60 ans plus tard, le contraste est saisissant. On repense notamment aux propos que nous avaient tenus Ines El Shaffai quand on l’avait rencontrée en janvier dernier :
« Pour moi, le port de la burqa, du niqab a commencé à devenir courant il y a 10 ans. Ce n’est pas une réaction aux violences ou au harcèlement, mais c’est l’héritage d’un mode de pensée salafiste, qui ne vient pas de chez nous mais qui est arrivé des pays du Golfe. Beaucoup de gens pensent qu’une bonne musulmane doit porter le hijab (voile qui recouvre les cheveux mais laisse le visage dévoilé) ; si vous ne le faites pas, on vous parle mal, ou on pense que vous n’avez pas de moralité. »

Pour relire nos articles sur notre semaine au Caire et la condition des femmes cairotes, c’est ici : https://projet51.com/category/articles/egypte

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Partage de film saoudien : Wadja

 

L’objet de ce poste ? Arte, une fois de plus, a diffusé récemment un film qu’on a trouvé marquant et important de partager avec vous.

Le titre ? Wadja

Le sujet ? L’histoire d’une petite fille saoudienne qui souhaite s’acheter un vélo. Très bien noté par les critiques, ce film avait notamment été nominé à la Mostra de Venise en 2012.

 

Synopsis officiel : « Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Bien qu’elle grandisse dans un milieu conservateur, c’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah. Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles.
Wadjda se voit donc refuser par sa mère la somme nécessaire à cet achat. Déterminée à trouver l’argent par ses propres moyens, Wadjda décide alors de participer au concours de récitation coranique organisé par son école, avec pour la gagnante, la somme tant désirée. »

La suite ? Voyez plutôt vous-même 😉

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Leçon d’ouverture par Alexandre Poussin

« Quand je voyage, je suis ambassadeur de France. De retour en France, je suis ambassadeur de ces Autres que je suis parti approcher, rencontrer, comprendre. Nous sommes tous des ambassadeurs et des représentants de notre monde et de ces Autres qui nous entourent et dont nous sommes porteurs. A nous d’en être conscients et de nous appliquer à leur donner une voix. Et pas nécessairement au bout du monde. L’Autre est de l’autre côté du palier, et deux pas sont parfois plus durs à franchir que deux millions »

Alexandre Poussin, Marche Avant

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Leçon de tolérance par Katy N’Dione

En ce triste anniversaire, on repense aux mots de Katy N’Dione, femme sénégalaise que nous avions rencontré dans la réserve de Popenguine…

« On ne peut pas se diviser dans ce village, on est les mêmes familles. Vous rentrez dans une famille, la moitié est musulmane, la moitié est chrétienne. On fait les fêtes ensembles. C’est pour ça que certains sont musulmans et portent des noms de chrétiens. Des enfants musulmans peuvent te chanter le catéchisme. Quand il y a des travaux à faire à l’église les musulmans y vont, quand il y a des travaux à faire à la mosquée les chrétiens y vont. On se marie entre musulmans et chrétiens, chacun garde sa religion, on fait le mariage à la mairie et nos fêtes après. Il ne peut pas y avoir de problème entre nous. »

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Participation aux Rencontres du carnet de voyage à Bordeaux

Ça y est, le programme des Rencontres du carnet de voyage, qui se dérouleront à Bordeaux les 3 et 4 décembre, est tombé !

Pour nous, ce sera samedi à 17h. N’hésitez pas à consulter leur page pour plus d’infos :

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L’engagement du Docteur Denis Mukwege contre l’utilisation du viol comme arme de guerre (RDC)

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Après un partage d’article sur la situation politique au Burundi, nous restons en Afrique centrale pour vous parler d’un nouveau sujet, concernant cette fois directement les femmes : l’utilisation du viol comme arme de guerre.

On avait déjà eu l’occasion d’aborder le sujet dans des articles où on parlait du sort réservé aux femmes lors du génocide rwandais.
Cette fois, ça se passe au Congo, un pays qu’on rêvait d’inclure dans notre itinéraire, si le visa touristique n’était pas de 90€ par personne, si les prix des billets d’avion et les conditions sécuritaires n’étaient pas si décourageants.

Alors, pourquoi vous parler de ce sujet et de ce pays maintenant ?
Parce que, si vous l’avez loupé, ces dernières semaines, un Congolais particulièrement célèbre pour son engagement en la matière fait (beaucoup) parler de lui. Il s’agit de du Docteur Denis Mukwege, aussi appelé « l’homme qui répare les femmes ».

Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, le Projet 51 vous fait un petit récap de son parcours, parce qu’il reste franchement impressionnant.
Né en 1955 à Bukavu dans le Sud-Kivu, il suit d’abord des études d’ingénieur, avant de partir au Burundi pour réaliser son rêve : devenir médecin.
Après avoir étudié et exercé en Europe, il fait le choix de revenir au Congo. Il devient alors médecin directeur de l’hôpital Lemera, qui subit une attaque en 1996 lors de la Première guerre du Congo. Alors que son personnel a été assassiné, il est miraculeusement épargné et part se réfugier à Nairobi.

Mais il ne renonce pas au Congo et revient vite, cette fois pour fonder son propre hôpital, l’hôpital « Panzi ».
Alors qu’il voulait s’occuper des femmes enceintes pour lutter contre la mortalité maternelle, particulièrement élevée dans la région, la première patiente qui lui est amenée est une femme à l’appareil génital détruit après avoir été violée par un groupe de soldats.
Le Docteur Mukwege découvre alors l’utilisation systématique d’une nouvelle arme de guerre : le viol et la destruction volontaire et planifiée des organes génitaux féminins.
Il décide alors de se consacrer exclusivement à la « réparation » des femmes victimes de violences sexuelles, tant sur le plan physique (par la chirurgie) que sur le plan moral (par un suivi psychologique).

On estime qu’il a déjà soigné plus de 45 000 femmes, dans une région qui compterait plus de 500 000 victimes.
De nombreux prix internationaux ont d’ores et déjà salué le travail de cet homme dont la vie continue d’être menacée. Prix Sakharov en 2014 et Prix « Héros pour l’Afrique » en 2016, pour n’en citer que deux, mais aussi classement dans le « Time 100 » en 2016.

Ces derniers jours, sa visibilité médiatique ne cesse d’augmenter, à l’occasion d’un passage en Europe, lié notamment à la sortie ce mois-ci du DVD du documentaire retraçant sa lutte (« L’homme qui répare les femmes ») et d’une autobiographie (« Plaidoyer pour la vie »).
Ces derniers mois, dans un contexte pré-électoral délicat en RDC, il s’est engagé aux côtés de Filimbi et du Front Citoyen, qui luttent pour que Joseph Kabila quitte le pouvoir fin 2016 et que le calendrier électoral soit respecté. Des bruits circulent même d’un « Mukwege Président », auxquels il ne répond qu’assez discrètement.

Mais nous n’avons pas choisi de mettre en avant son engagement politique ni religieux (il est également Pasteur), mais bien son engagement pour cette noble cause.
Parce que quoi qu’on pense du personnage, il a énormément à nous apprendre sur le sujet, et il est difficile de ne pas être impressionné par ce qu’il a accompli.
Revenons, brièvement, sur ce qu’il révèle de l’utilisation du viol dans la région et de ses conséquences.

Chaque jour, il tente de redonner un avenir à des femmes qui ont perdu l’usage de leurs organes génitaux, mais aussi leur dignité dans leur communauté d’origine.
Dans les villages, personne n’ignore le sort qu’elles ont subi, et la stigmatisation les frappe. Dans leur famille, leurs enfants et leur mari ont souvent assisté au viol. Outre l’intégrité physique des femmes, c’est toute une cohésion sociale qui est anéantie en quelques minutes par les auteurs des crimes.
Et si les femmes sont des victimes condamnées à perpétuité, leurs bourreaux sont souvent impunis, dans l’indifférence générale.

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Chaque jour, le Docteur Denis Mukwege est témoin, selon ses propres mots, des « tréfonds de l’horreur ». Mais il est important de l’écouter, au moins pour prendre conscience du problème, avant de pouvoir agir.
Alors, pour en savoir plus, on vous invite à lire son livre, à voir son film (bande-annonce ici).
Mais surtout, à consacrer 7 minutes de votre journée à un sujet si important, en visionnant son interview dans Human, en libre accès :

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