Tout est dit…

« Je ne veux plus qu’on m’aime Qu’on me sourie
Qu’on m’invite au restaurant Qu’on me tienne la porte
Qu’on m’offre des fleurs Je m’en fous Oui Je m’en fous Parfaitement
Je ne veux plus qu’on m’aime Si je ne peux pas me loger travailler me réaliser arriver tout en haut Je ne veux plus qu’on m’aime si je ne suis pas dans les livres d’Histoire dans les livres tout court A la tête des institutions et de tout ce qui a une tête Je m’en fous qu’on me Courtise
Qu’on me trouve sensuelle avec ma voix grave ma cambrure ma peau ambrée mes fesses rebondies ma peau d’ébène mon port de tête ma peau mes jolies tresses ma peau et tout le reste Qui n’est pas moi d’ailleurs mais c’est un autre débat
Je ne veux plus qu’on trinque Qu’on se taille une bavette Qu’on se fasse une raclette Ni rien J’en ai soupé de la fraternité sans égalité »

Ces mots, ce sont ceux de Léonora Miano, écrivaine franco-camerounaise, dans « Ecrits pour la parole ». Aujourd’hui, on a choisi de vous recommander son oeuvre, dans son ensemble, tant il aurait été dur de choisir un de ses romans sans parler des autres. Pourquoi ?

Parce que ses textes sont traversés par des sujets négligés, ou abordés toujours de la même manière, citons par exemple l’esclavage et ses conséquences sur le continent africain.

Parce que ses textes redonnent une voix à ceux que la Littérature avec un grand L en prive trop souvent, les afropéen(ne)s, les « afrodescendant(e)s, notamment.

Parce que Léonora Miano fait partie de ces écrivaines africaines qui parviennent à parler des femmes, de leurs luttes, de leurs envies, de leurs attentes, sans jamais tomber dans un “féminisme” convenu, attendu, fade, médiatique, ou exclusivement occidental.

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Dans « La saison de l’ombre », elle place au cœur de l’action les mères qui ont perdu leurs fils à cause de la traite négrière.

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Dans « Crépuscule du tourment », elle part d’un homme pour dresser une galerie de portraits de femmes, toutes différentes, qui lui sont liées d’une manière ou d’une autre, et qui échangent sur la vie, leur vie, et la place des femmes dans la société, ou plutôt leur place, dans leur société.

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Dans « Volcaniques, une anthologie du plaisir », elle ose aborder un thème non seulement négligé, mais aussi tabou, partout dans le monde, celui du plaisir féminin.

Et on pourrait continuer un moment, mais vous découvrirez le reste vous-mêmes. Parce que quand vous aurez commencé, que Léonora Miano vous aura emporté, vous ne pourrez plus vous arrêter.

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Un commentaire pour Tout est dit…

  1. Lybertaire dit :

    J’ai a-do-ré Léonora Miano, j’ai lu 5 de ses romans! Je trouve dommage qu’elle ne soit pas plus connue mais ça viendra 🙂

    J'aime

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