Partage d’article sur la situation politique au Burundi

Aujourd’hui, on a choisi de partager avec vous un article qui n’est pas directement lié à la condition féminine, mais plutôt à la condition des Burundais et des Burundaises depuis l’émergence de la crise politique en avril 2015, suite à la validation de la candidature du Président Nkurunziza pour un 3ème mandat, puis à sa réélection.

Vous vous en rappelez probablement, le Projet 51 a parcouru les routes burundaises pendant trois semaines, début décembre 2015, alors que beaucoup d’expatriés quittaient le pays.

Après deux semaines passées en itinérance à l’intérieur du pays, nous étions arrivés à Bujumbura quelques jours seulement après la nuit la plus violente depuis le début de la crise. Une nuit horrible au cours de laquelle les forces de l’ordre étaient littéralement allées déloger des jeunes, dans les quartiers contestataires.

Ils en avaient tué certains sur place, laissant une centaine de cadavres dans les rues jusqu’au lendemain, comme pour l’exemple. Ils en avaient arrêté et enlevé d’autres. Jusqu’à aujourd’hui, on ne connaît souvent pas le sort qui leur a été réservé, entre les libérations chèrement monnayées et cachées, les emprisonnements dans les prisons secrètes du régime…et les fausses communes dissimulées.

Alors, cet article de Le Monde Afrique sur le photographe Teddy Mazina, nous a paru important, pour faire savoir ce qu’il continue de se passer, là-bas, si loin de l’attention médiatique.

Teddy Mazina, alors que sa vie était menacée, a fait partie de ceux qui ont choisi de rester au Burundi, dans la clandestinité.
Dans quel but ? Accumuler et diffuser un maximum de données
sur les disparitions, enlèvements et assassinats liés à la crise politique.

Dans un pays où les connexions internet sont encore extrêmement rares et peu performantes, où le régime met en oeuvre tous les moyens de surveillance à sa disposition pour traquer les opposants, on sait à quel point sa mission est délicate et périlleuse.

On l’avait nous-même ressenti, à notre petit niveau, car, bien sûr, nous n’étions pas des cibles du régime et nos moyens économiques comme nos chers passeports français, nous permettaient d’être à l’abri.

Les médias d’opposition avaient tous disparu ou changé de ligne éditoriale.
Les élites avaient déjà majoritairement déserté le pays.
Celles et ceux qui avaient accepté de nous parler de la crise l’avaient fait sous couvert d’anonymat.
Celles et ceux qui avaient croisé notre route, qui nous avaient hébergé, même lorsqu’ils étaient expatriés, nous avaient mis en garde et invités à publier tous nos textes en rapport avec le Burundi seulement une fois bien arrivés en Ethiopie.
Nous avions remarqué que notre puce téléphonique burundaise était sur écoute. Par exemple, quand nous avions voulu enregistrer une interview pour l’émission Allô la Planète, nous n’avions pas pu avoir une communication de qualité avec notre interlocutrice, et elle avait réentendu l’intégralité de notre conversation, comme si on l’avait rembobinée, une fois que nous avions raccroché.

Tout ça, c’est du concret, et ce sont autant d’éléments qui nous permettent de savoir que le travail de ce photographe, aujourd’hui, doit être apprécié à sa juste valeur.

Et pour ceux qui auraient loupé nos articles sur le Burundi, vous les retrouverez facilement sur notre site internet, ici.

En espérant qu’on vous aura aidés à en savoir un peu plus sur une situation et un pays que l’on n’évoque que trop rarement dans les médias généralistes…

Lien direct vers l’article ti

Publicités
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s