L’engagement du Docteur Denis Mukwege contre l’utilisation du viol comme arme de guerre (RDC)

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Après un partage d’article sur la situation politique au Burundi, nous restons en Afrique centrale pour vous parler d’un nouveau sujet, concernant cette fois directement les femmes : l’utilisation du viol comme arme de guerre.

On avait déjà eu l’occasion d’aborder le sujet dans des articles où on parlait du sort réservé aux femmes lors du génocide rwandais.
Cette fois, ça se passe au Congo, un pays qu’on rêvait d’inclure dans notre itinéraire, si le visa touristique n’était pas de 90€ par personne, si les prix des billets d’avion et les conditions sécuritaires n’étaient pas si décourageants.

Alors, pourquoi vous parler de ce sujet et de ce pays maintenant ?
Parce que, si vous l’avez loupé, ces dernières semaines, un Congolais particulièrement célèbre pour son engagement en la matière fait (beaucoup) parler de lui. Il s’agit de du Docteur Denis Mukwege, aussi appelé « l’homme qui répare les femmes ».

Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, le Projet 51 vous fait un petit récap de son parcours, parce qu’il reste franchement impressionnant.
Né en 1955 à Bukavu dans le Sud-Kivu, il suit d’abord des études d’ingénieur, avant de partir au Burundi pour réaliser son rêve : devenir médecin.
Après avoir étudié et exercé en Europe, il fait le choix de revenir au Congo. Il devient alors médecin directeur de l’hôpital Lemera, qui subit une attaque en 1996 lors de la Première guerre du Congo. Alors que son personnel a été assassiné, il est miraculeusement épargné et part se réfugier à Nairobi.

Mais il ne renonce pas au Congo et revient vite, cette fois pour fonder son propre hôpital, l’hôpital « Panzi ».
Alors qu’il voulait s’occuper des femmes enceintes pour lutter contre la mortalité maternelle, particulièrement élevée dans la région, la première patiente qui lui est amenée est une femme à l’appareil génital détruit après avoir été violée par un groupe de soldats.
Le Docteur Mukwege découvre alors l’utilisation systématique d’une nouvelle arme de guerre : le viol et la destruction volontaire et planifiée des organes génitaux féminins.
Il décide alors de se consacrer exclusivement à la « réparation » des femmes victimes de violences sexuelles, tant sur le plan physique (par la chirurgie) que sur le plan moral (par un suivi psychologique).

On estime qu’il a déjà soigné plus de 45 000 femmes, dans une région qui compterait plus de 500 000 victimes.
De nombreux prix internationaux ont d’ores et déjà salué le travail de cet homme dont la vie continue d’être menacée. Prix Sakharov en 2014 et Prix « Héros pour l’Afrique » en 2016, pour n’en citer que deux, mais aussi classement dans le « Time 100 » en 2016.

Ces derniers jours, sa visibilité médiatique ne cesse d’augmenter, à l’occasion d’un passage en Europe, lié notamment à la sortie ce mois-ci du DVD du documentaire retraçant sa lutte (« L’homme qui répare les femmes ») et d’une autobiographie (« Plaidoyer pour la vie »).
Ces derniers mois, dans un contexte pré-électoral délicat en RDC, il s’est engagé aux côtés de Filimbi et du Front Citoyen, qui luttent pour que Joseph Kabila quitte le pouvoir fin 2016 et que le calendrier électoral soit respecté. Des bruits circulent même d’un « Mukwege Président », auxquels il ne répond qu’assez discrètement.

Mais nous n’avons pas choisi de mettre en avant son engagement politique ni religieux (il est également Pasteur), mais bien son engagement pour cette noble cause.
Parce que quoi qu’on pense du personnage, il a énormément à nous apprendre sur le sujet, et il est difficile de ne pas être impressionné par ce qu’il a accompli.
Revenons, brièvement, sur ce qu’il révèle de l’utilisation du viol dans la région et de ses conséquences.

Chaque jour, il tente de redonner un avenir à des femmes qui ont perdu l’usage de leurs organes génitaux, mais aussi leur dignité dans leur communauté d’origine.
Dans les villages, personne n’ignore le sort qu’elles ont subi, et la stigmatisation les frappe. Dans leur famille, leurs enfants et leur mari ont souvent assisté au viol. Outre l’intégrité physique des femmes, c’est toute une cohésion sociale qui est anéantie en quelques minutes par les auteurs des crimes.
Et si les femmes sont des victimes condamnées à perpétuité, leurs bourreaux sont souvent impunis, dans l’indifférence générale.

9782809820539-001-g

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque jour, le Docteur Denis Mukwege est témoin, selon ses propres mots, des « tréfonds de l’horreur ». Mais il est important de l’écouter, au moins pour prendre conscience du problème, avant de pouvoir agir.
Alors, pour en savoir plus, on vous invite à lire son livre, à voir son film (bande-annonce ici).
Mais surtout, à consacrer 7 minutes de votre journée à un sujet si important, en visionnant son interview dans Human, en libre accès :

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