Bilan de notre étape en Inde (par Aymeric)

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Nos 4 semaines en Inde vues par Aymeric :

J’ai toujours adoré l’Inde. Il y a six ans déjà, alors que je connaissais si peu de ce pays, je n’en visualisais pas la saleté, les odeurs, les bruits, les agressions sonores et visuelles en tous genres que l’on me décrivait. J’imaginais qu’au-delà de ces réalités bien visibles, se cachait une perle, un petit quelque chose indescriptible. Ne voir de l’Inde que ses défauts et sa misère, cela signifiait pour moi passer à côté de ce pays, passer à côté de 17 % de l’humanité. Bref, peu m’importait : j’avais envie d’aller découvrir la patrie de Gandhi, et ai eu l’occasion d’y vivre pendant 7 mois, en 2012, à l’occasion d’un stage à New Delhi.

Cela a été l’occasion d’affiner ma vision. A mes yeux, l’Inde est une explosion sensorielle. Des bruits, des parfums, des couleurs comme on n’en voit nulle part ailleurs. J’aime souvent, je déteste parfois, mais quelle que soit mon humeur du moment, une certitude : ce pays ne laisse pas indifférent. Il a en lui une intensité qui fait se sentir vivant. Et rien que pour cela, je le trouve fascinant. Hypnotique, même.

Un jour, un routard français avec qui je discutais dans un petit village perché dans les collines togolaises m a sorti cette phrase :
« L’Inde, c’est extrême : tu aimes ou tu détestes. Le problème, c’est que si tu aimes, tout te paraitra fade en comparaison »
Apres m’être rappelé au bon souvenir de ce pays au cours de notre mois passé de Kolkata à Delhi, je ne peux qu’être en accord total avec ces paroles.

En 27 jours passés en Inde, il ne s’en est pas écoulé un sans que nous vivions des moments forts, sans que nous y voyions des choses drôles, tristes, émouvantes, ou inspirantes.

Certes, les Indiens ne sont pas franchement souriants, ni beaux, ni accueillants. Certes, leur notion d’hygiène est souvent déplorable. Certes, nous avons glissé sur des bouses de vache, lutté contre les blattes dans nos salles de bain, été effrayés par des hordes de chiens errants. Certes, nous avons découvert, à Kolkata et à Varanasi, des quartiers qui sont de loin les plus sales que nous ayons vus en près de 8 mois sur la route. Et alors ?

Bien sûr, pour un Indien (et a fortiori pour un Indien pauvre!) comme pour un voyageur, ce pays n’est pas facile. Mais pour moi, il est comme un lotus qui éclot dans la moisissure. Il est comme ce gamin errant, sale et maigre, qui gagne sa croute en recyclant des bouteilles en plastique, et qui nous a livré le plus beau sourire du monde quand nous lui avons tendu notre bouteille vide.

Les éléphants à contre-sens, les chauffeurs de rickshaws (tuk-tuks) qui se prennent pour des auto-tamponneuses, les ascètes (saddhus) qui lisent le journal face au Gange, les séances photos dont nous sommes les héros, les vaches immobiles en plein milieu de la route… Il y a ceux que cela énerve, et il y a les autres. Moi, ça me fait drôlement rigoler. Et chaque journée indienne donne l’occasion d’assister à un événement insolite, que l’on n’est pas prêt d’oublier.

Bien sûr, l’Inde est une hallucinante anarchie. Ce pays est un peu à l’image de sa religion principale, l’hindouisme, qui honore 33 millions de dieux, dont une majorité se subdivise en quelques dizaines de formes spécifiques. Et, depuis 2012, cette anarchie donne à voir de sacrés changements. Mais même si la croissance économique fait son ouvrage, même si l’apartheid social bat son plein, même si les tensions religieuses se sont ravivées, même si l’américanisation musicale et cinématographique est en cours, même si l’anglophonisation se poursuit, il reste une chose qui n’a pas changé : ce mélange de folie, de spiritualité, d’histoire et de mysticisme qui caractérise l’âme indienne.

Quand, de retour à Paris, je repenserai à l’Inde, je me verrai face au Gange, à Varanasi, en train de regarder des hommes faire bruler un cadavre à quelques mètres d’une bataille entre un singe et une vache, le tout entouré de gamins joueurs de cricket, dont la balle tombait parfois bien près des buchers… Je reverrai ces grosses familles, avachies et entassées sur les plages de Puri, à quelques dizaines de mètres seulement d’une plage déserte. Je me remémorerai l’incroyable policier qui, pendant une heure de trajet en train, nous a enchainé du grand n’importe quoi, nous enjoignant à nous marier, à devenir végétarien, à ne jamais boire de bière. Nous lui avons donné notre adresse française, car il a bien l’intention de venir nous voir en France, et de loger dans nos familles. Mais pas sûr que nous puissions lui envoyer par la poste son billet d’avion et son visa, comme il nous l’a demandé…

Une vie ne suffirait pas à percer toute la subtilité, toute la puissance de l’Inde. Ce pays est le plus grand spectacle du monde. Car ils sont plus d’un milliard à en être les protagonistes…

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