A la rencontre des femmes du Sikkim (Inde)

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Apres une première semaine particulièrement étouffante dans l’Inde continentale, où nous avons vu chaque jour le thermomètre dépasser les 40 Degrés Celsius, nous avons choisi de prendre de la hauteur et de nous diriger vers les montagnes himalayennes, plus spécialement à Darjeeling.

Et, à vrai dire, ça nous a fait tout drôle. Le lundi, nous passions la journée à Kolkata (Calcutta), ville bourdonnante, chaotique et caniculaire, dans laquelle nous étions entourés d’Hindous qui parlaient le bengali. Une nuit dans le train et quelques heures plus tard, nous étions dans les montagnes à retrouver la fraicheur, les grands espaces et la propreté, et à côtoyer des populations majoritairement bouddhistes, et dont la langue maternelle est le népali.

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu notre première rencontre associative en Inde : une visite des locaux et un entretien avec le directeur du Hayden Hall, association féministe de Daarjeeling fondée il y a 45 ans par des jésuites. Les activités de la structure : former des femmes à différents métiers de l’artisanat, vendre les produits au sein de la boutique, et mener par ailleurs des actions au plus près des familles, notamment en proposant l’une des seules crèches de la région, et en permettant aux enfants défavorisés de bénéficier d’une aide aux devoirs quand ils sortent de l’école.

Que dire de la situation des femmes a Darjeeling et dans le Sikkim environnant ?

Pour citer le directeur du Hayden Hall : « equality still is not there, but it is much better here for women compared to the other parts of India » (« L’égalité hommes-femmes n’est toujours pas présente, mais la situation des femmes est meilleure ici que dans le reste de l’Inde »).

Car ici, très peu d’infanticide féminin, cette pratique de meurtre des filles à la naissance (ou d’avortement sélectif) à laquelle recourent chaque année plus de 400 000 familles indiennes qui considèrent la naissance d’une fille comme un mauvais investissement, notamment du fait de la dot à payer le jour de son mariage. Le système de dot n’existe quasiment plus vers Darjeeling, et la façon dont la petite fille est considérée par sa famille s’en trouve grandement modifiée.

Par contre, et l’on en parle trop peu, les peuples népalais sont tristement célèbres pour la fréquence des violences conjugales au sein du foyer. En cause : la pauvreté, la frustration, mais aussi… l’alcool. Nous avons pu le constater : dans le Sikkim, beaucoup de jeunes et moins jeunes forcent nettement sur la bouteille ainsi que sur la drogue. Et, bien souvent, ce sont les femmes qui trinquent.

Pour la petite histoire, un autre Etat indien, le Bihar, vient dernièrement d’instaurer la prohibition. Sous la pression de responsables religieux ? Non. Sous la pression de travailleurs dans le domaine de la sante publique ? Non plus. Celles qui ont fait campagne pour la prohibition de l’alcool dans le Bihar, ce sont des associations féministes, qui ont tiré la sonnette d’alarme quant au rôle de l’alcool dans les relations au sein du foyer. Etonnant, non ?

Un autre problème majeur spécifique aux communautés népalaises installées en Inde réside dans l’importance du trafic humain. Car, dans les bordels de Mumbai, Kolkata et de tant d’autres grandes villes indiennes, la plupart des prostituées sont des femmes népalaises « achetées » à leur famille démunie, et dont le destin n’a par la suite rien de bien positif…

En bref, si les femmes du Sikkim se portent généralement mieux que leurs compatriotes, elles font aussi face à des problèmes bien spécifiques.

C’est bizarre, l’Inde. On peut avoir le sentiment de changer de pays tellement de fois ! Et puis surtout, on vit des histoires absolument uniques, qui n’arriveraient nulle part ailleurs.

Prenez ce trajet en auto-stop au Sikkim, que l’on a effectué avec le frère du Lama principal d’un temple bouddhiste de Darjeeling. Cet homme nous a raconté comment de hautes autorités religieuses sont venues attester du fait que son frère, alors âgé de 9 ans, était la réincarnation du lama précédent. Il nous a expliqué qu’il ne pourrait plus revoir son frère a la maison avant que celui-ci fête ses 18 ans. Il nous a décrit comment il appelait son frère « Sa Sainteté » dès qu’il le voyait. Et nous a montré, sur son pare-brise, un autocollant avec la tête de cet enfant si jeune, en apparence si normal, mais promis à un destin si unique.

Incredible India.

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