Bilan de notre étape en Indonésie

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Après 20 jours passés en Indonésie, des embouteillages monstrueux de Jakarta aux pluies de mousson dans la jungle tropicale de Sumatra, nous disons au revoir à ce pays.

Quelque part, cette première incursion asiatique du Projet 51 a presque été un retour à la normale. Nous y avons retrouvé des routes pleines de voitures (et de scooters !), des magasins pleins de gadgets en tous genres, des boutiques ouverte 24h/24 et des populations locales qui ne nous regardent pas trop comme des extraterrestres.

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Qui dit Indonésie, dit pays assez touristique. Ca nous fait tout drôle. Depuis trois mois, nous avions oscillé entre des pays en guerre (Burundi), instables (Egypte, Mauritanie), ou n’ayant tout simplement jamais fait partie des itinéraires touristiques lambda (Ethiopie, Rwanda). Ici, nous avons retrouvé des auberges de jeunesse peuplés d’Australiens et d’Allemands aux cheveux longs, des restaurants « américano-sino-indonésiens » et des surfeurs invétérés qui écument les plages de l’archipel. D’une certaine façon, on ne peut s’empêcher de penser que ces voyageurs-là sont des imposteurs. Eux n’ont pas connu les lancers de cailloux des gamins éthiopiens, les snipers omniprésents dans les zones touristiques du Caire, ou les contrôles stricts, très stricts, trop stricts des militaires burundais. Pour un peu, on trouverait que voyager en Indonésie est bien trop facile.

Parlons un peu de la situation des femmes indonésiennes. Sur les 600 ONG répertoriées dans le pays par la base de données référence en la matière (DevDir.org), seules 15 s’adressent spécifiquement aux femmes. C’est peu. On pourrait croire qu’en fait, tout va bien pour les femmes indonésiennes. Et effectivement, on les voit beaucoup dans les rues. Elles tiennent souvent des boutiques, des blanchisseries, des gargotes. Elles conduisent souvent des voitures ou des scooters. Elles échangent normalement avec nous. Et elles vont plus souvent à l’école primaire et secondaire que les garçons !

Pourtant, ce constat optimiste est un peu une illusion d’optique. D’abord, car les inégalités hommes-femmes en Indonésie relèvent plus d’une différence de traitement que d’un problème de mentalité. Comme chez ses voisins (notamment le Japon), on constate ici l’importance du plafond de verre. Sur le plan économique et politique, les femmes sont sous-représentées ; pour un même travail, elles gagnent moins que les hommes. Et leur émancipation n’est clairement pas un enjeu pour des pouvoirs publics mis sous pression par les nombreux (et puissants) mouvements islamistes radicaux du pays…

Si notre constat peut paraître positif, il ne faut pas négliger le fait que nous n’avons parcouru que deux îles, qui sont certes les plus peuplées, mais qui ne sont pas révélatrices de la diversité des enjeux qui s’étalent sur les 8000 îles habitées de l’archipel. L’Indonésie est une mosaïque, et tout n’y est pas reluisant. Par exemple, nous n’avons pas été dans la province de Aceh, au nord du pays, où le voile est obligatoire, où les femmes n’ont pas le droit de conduire une moto, où la sharia est appliquée sans ménagement. Résumer ce pays à la lumière de 3 petites semaines sur Java et Sumatra, c’est comme généraliser l’Europe à la lumière d’un voyage en France et en Allemagne. On vous l’accorde, c’est un aveu d’impuissance de notre part.

Une anecdote révélatrice : il nous a fallu 6 jours sur Java avant de voir une femme en burqa. Pourtant, deux jours plus tard, dans les montagnes du centre de l’île, nous en avons aperçu 7 qui sortaient ensemble d’une mosquée. Clairement, les mouvements fondamentalistes, voire salafistes, qui menacent tant les 130 millions de femmes indonésiennes sont plus développés dans les campagnes que dans les villes.

A 500 kilomètres de Aceh, nous avons entendu quelqu’un nous parler de son goût pour la bière et les jolies filles. Nous avons joué les étonnés, et lui avions demandé si, ici aussi, comme à Aceh, toute la population est musulmane. « Almost » (« presque »), qu’il nous a répondu… Musulmans de gauche, quoi.

En trois semaines, nous avons plutôt pu voir la face la plus visible, et la plus positive, de l’archipel. Mais son côté obscur, caché dans les villages perchés dans les montagnes ou isolés dans la jungle, nous inquiète…

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