Premières impressions en Ethiopie : la question de la prostitution

Il y a un problème qui saute aux yeux après une dizaine de jours de vadrouille en Ethiopie, c’est celui de la prostitution.

A Addis Abeba comme dans les campagnes, dans les villages peuplés de coptes comme dans les régions musulmanes, les bars sont remplis de prostituées. Contrairement au Rwanda ou au Burundi, on n’y voit jamais de femme attablée avec une bière ou un alcool local : les seules que l’on voit sont là pour d’autres raisons… Comme le dit un peu crûment notre Lonely Planet, “toutes les femmes que vous voyez dans les bars éthiopiens sont des prostituées”…

Quant aux hôtels, la grande majorité d’entre eux sont d’abord et avant tout des hôtels de passe. Si l’on veut trouver des chambres à moins de 150 Birr (6 Euros) la nuit, nous n’avons bien souvent pour seule possibilité que d’y dormir, quitte à subir les désagréments des différents bruits qui rythment les nuits dans ce genre d’établissements.

Le tout se fait dans une atmosphère assez décomplexée : le fils d’un gérant d’hôtel, nous voyant regarder ces femmes avec consternation, nous a lancé le plus naturellement du monde “this is a bitch”. Autant dire qu’il n’est nul besoin de cacher ces pratiques, et que l’Etat ne fait pas prévue d’une grande volonté en la matière…

Bien sûr, à l’instar des avortements clandestins au Maroc, de la polygamie en Mauritanie ou des mariages précoces au Burundi, ce phénomène découle d’une réalité, celle de la pauvreté qui touche de nombreuses femmes, forcées de vendre leur corps pour satisfaire leurs besoins primaires, voire, souvent, ceux de leur famille à laquelle elles reversent une partie de leurs revenus.

En découle, bien sûr, une forte prévalence du VIH. Il est dur de dégager des statistiques fiables, mais d’après plusieurs enquêtes, la moitié des prostituées d’Addis ont le Sida.

Nous espérons bien pouvoir parler davantage de cette question auprès des responsables associatifs que nous rencontrerons dans les jours à venir. En tout cas, c’est un sujet frappant, incontournable, qui saute aux yeux comme illustration de la précarité qui, malgré la croissance économique du pays, touche aujourd’hui de nombreuses femmes éthiopiennes.

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