Bilan de l’étape du Projet 51 au Sénégal

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Au revoir Sénégal… Le Pays de la Teranga a été l’occasion de bien belles rencontres avec des personnes qui nous ont pris en auto-stop, nous ont offert des morceaux de pastèque, nous ont fait des cadeaux en tous genres et nous ont donné un peu de leur temps pour nous raconter leur Sénégal. Pourtant, dans les lieux touristiques de Saint-Louis ou de Dakar, tout avait commencé par un certain nombre de mauvaises rencontres (ah, les grandes villes…).

Nous avons pu visiter 6 associations ou groupements en 16 jours, et s’en dégage une vision mitigée de la femme sénégalaise.

Certes, elle est présente dans la vie économique et politique de son pays. Certes, elle occupe l’espace public, ne se cache pas, et a un poids réel dans la communauté. Certes, elle dispose d’un poids réel grâce à sa présence dans les associations, groupements féminins et tontines. Certes, elle est bien souvent la gestionnaire du foyer, au moins sur le plan comptable. Pourtant, subsiste encore une forme de sexisme ordinaire, illustrée par la répartition totalement inégalitaire des tâches ménagères ou l’ampleur du décrochage scolaire des petites filles au cours de leur cursus.

Subsiste aussi l’impact d’une culture traditionnelle, certes matriarcale, mais dans laquelle la femme sénégalaise occupe une place définie principalement par rapport à son mari et à ses enfants. Toutefois, c’est là une réalité bien compliquée à dessiner précisément. Ainsi des mariages précoces : on a pu entendre quelqu’un évoquer cette pratique comme « en voie de disparition », et, à l’inverse, entendre un autre avancer le chiffre de 33 % de jeunes filles mariées avant leurs 17 ans dans le pays. Et les statistiques officielles de différentes sources se contredisent tout autant…

Quoi qu’il en soit, il faut noter une forte volonté de l’Etat sénégalais d’améliorer la situation des femmes dans le pays, et de se positionner comme un pays leader en la matière.

Par ailleurs, on a beaucoup aimé la vision de la religion au Sénégal. En ces tristes heures, on trouve cette vision réconfortante. Car ici, la coexistence entre islam et chrétienté n’est pas qu’un slogan, c’est une véritable priorité exprimée par tous nos interlocuteurs, urbains comme ruraux, chrétiens comme musulmans. Au Sénégal, nombreux sont ceux qui appliquent ce qu’ils nomment un islam « de gauche », extrêmement ouvert et progressiste. Il n’est pas rare d’entendre parler de musulmans aidant au financement d’une église, ou de chrétiens participant à l’édification de mosquées. Les tenues des femmes, les nombreuses enseignes de boissons alcoolisées, et même les cochons se promenant en liberté dans certains villages, parfois juste en face de la mosquée, nous ont interloqués.

De même, nous avons rencontré de nombreuses personnes converties d’une religion à l’autre, au point que de nombreuses familles sont mixtes. Comme nous l’a dit Katy N’Dione à Popenguine :

« On ne peut pas se diviser dans ce village, on est les mêmes familles. Vous rentrez dans une famille, la moitié est musulmane, la moitié est chrétienne. On fait les fêtes ensembles. C’est pour ça que certains sont musulmans et portent des noms de chrétiens. Des enfants musulmans peuvent te chanter le catéchisme. Quand il y a des travaux à faire à l’église les musulmans y vont, quand il y a des travaux à faire à la mosquée les chrétiens y vont. On se marie entre musulmans et chrétiens, chacun garde sa religion, on fait le mariage à la mairie et nos fêtes après. Il ne peut pas y avoir de problème entre nous.  »

A part ça, le Sénégal avait pour nous une étrange familiarité, en particulier pour Marion et Aymeric qui ont déjà passé plus de 6 mois chacun en Afrique de l’Ouest.

On ne va pas se mentir, on n’a pas été si dépaysés que cela au Sénégal. A Dakar, on a vu des enseignes Eden Park, BNP Paribas, Total, Dia, Auchan, Eric Kayser, La Croissanterie, Société Générale, Brioche Dorée, Orange, Casino ou encore Du Pareil au Même. Sur la côte, on a croisé de nombreux toubabs français en vacances. Et, partout ailleurs, de nombreux habitants qui non seulement parlaient parfaitement français, mais aussi, souvent, avaient un parent dans l’hexagone. On peut trouver cette influence culturelle un peu triste, ou plutôt agréable.

Merci à tous ceux qui ont rendu possible notre séjour ici, et en particulier France Volontaires Sénégal (EV Sénégal) qui nous a mis en contact avec de nombreuses associations locales.

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