Présentation pays : le Népal

FICHE D’IDENTITE : LE NEPAL

Népal

Territoire mythique, pays où se concentrent 7 des 10 plus hauts sommets du monde, le Népal fait rêver. Ce petit pays à la forte densité de population compte 31 millions d’habitants, appartenant à près de 125 groupes ethniques différents, et parlant quelque 123 langues. Mais au-delà de cette image d’Epinal, la réalité du pays est plus complexe. Avec une histoire récente très tumultueuse, marquée notamment par les actions violentes de la guérilla maoïste entre 1996 et 2006, le Népal a connu des périodes compliquées. Aujourd’hui, le pays est devenu une république, mais connaît une profonde instabilité, les différents partis au pouvoir ne parvenant pas à s’entendre sur les tenants et aboutissants d’une nouvelle Constitution.

L’IDH du Népal le place bien loin de ses voisins que sont le Bangladesh et l’Inde : le pays est classé 157ème sur 187 pays et, en-dehors de l’Afghanistan, c’est le pays le moins développé du continent asiatique. En cause, d’abord, une situation économique piteuse : le pays est considéré comme bien peu business-friendly, et ce n’est pas son instabilité chronique qui va l’aider à se relever… Aujourd’hui, le PIB / habitant du Népal correspond à 2 400 $ par mois (en parité de pouvoir d’achat), soit tout juste 30 % de plus que ceux d’Haïti ou de la Corée du Nord. Ils sont encore des millions de Népalais à pratiquer une économie de subsistance. Ainsi, un chiffre illustre mieux que toute autre cette précarité économique : si 75 % de la population travaille dans le secteur agricole, celui-ci ne concentre que 31 % du PIB du pays…

Comme dans tous les pays, qui dit situation économique précaire dit travail des enfants : au Népal, 34 % des enfants entre 5 et 14 ans travaillent. Conséquence : seulement 60 % d’une génération qui va jusqu’au bout du cursus d’enseignement primaire, et un taux d’alphabétisation des adultes qui n’est que 59 %.

Sur le plan sanitaire, si un Népalais vivra en moyenne 14 ans de moins qu’un Français, l’espérance de vie est la naissance est équivalente à celle de l’Inde, grâce notamment à un accès à l’eau potable bien répandu et à une sous-nutrition moins marquée qu’en Inde.

ETRE UNE FEMME AU NEPAL

Commençons par une bonne nouvelle : contrairement à son voisin indien, le Népal ne connaît pas de phénomène de foeticide féminin, et le ratio hommes – femmes dans la population est dans la moyenne mondiale.

Le Gender Gap Index classe le Népal en 112ème position sur 142 pays, soit juste devant l’Inde. Là aussi, c’est un trompe-l’œil. Si la participation des femmes à l’activité économique du pays est réelle (83 % des Népalaises travaillent, contre 89 % chez les hommes), leur sous-représentation quand on monte dans la hiérarchie est flagrante. Les femmes n’occupent que 14 % des positions managériales en entreprise, ne représentent que 38 % des étudiants à l’université, et jamais le pays n’a été dirigé par une femme.

Il faut dire que le poids de la tradition est particulièrement étouffant. Il y a tout juste un siècle, la loi obligeait l’épouse à se jeter dans le bûcher funéraire de son mari. Aujourd’hui, si des progrès ont été faits, Amnesty International dénonce encore 118 dispositions discriminatoires envers les femmes inscrites dans les textes de loi du pays. Sans même parler des coutumes existantes…

Parlons par exemple du fait d’offrir les jeunes filles au temple, coutume d’après laquelle des jeunes filles de 4 à 6 ans sont sélectionnées en fonction de leur caste et de 32 critères de beauté précis, pour ensuite emménager dans le temple lui-même, où elles vivront retranchées, écartées de leur famille, et seront traitées comme des idoles jusqu’à leurs premières menstruations. Autre exemple saisissant : la question de la citoyenneté. Dans le pays, une femme ne peut devenir citoyenne qu’avec l’autorisation de son père ou de son mari. Enfin, la condition féminine en elle-même la rend impure à la vie en communauté lors de ses menstruations ou après un accouchement, ce qui lui vaut, dans de nombreuses communautés du pays, d’être momentanément exclue de la demeure familiale.

Comme dans beaucoup de pays, il existe un véritable décalage entre le volontarisme politique et les évolutions des mœurs sur le terrain. Ainsi, si le mariage précoce et le versement d’une dot sont aujourd’hui des pratiques illégales, elles demeurent très présentes, et difficiles à contrôler dans des villages bien souvent isolés au cœur des montagnes. Aujourd’hui encore, près du tiers des Népalaises seraient mariées avant leurs 16 ans.

D’après une enquête réalisée par le Département des Services de Santé et publiée en 2010 par le gouvernement népalais, la première cause de décès des femmes népalaises entre 15 et 49 ans serait… le suicide.

 

POURQUOI ALLONS-NOUS AU NEPAL ?

Parce que nombreuses sont les ONG à travailler sur le sol népalais, et qu’il sera passionnant de raconter leur travail, notamment en ce qui concerne les conséquences qu’a eu le tremblement de terre d’avril 2015.

Parce que peu de pays peuvent paraître aussi arriérés en termes de traditions ayant trait à la femme, mais que nous souhaitons donner la parole à des locaux plutôt que de nous retrancher derrière un prisme manichéen et ethnocentré.

Parce que, on ne va pas se mentir, le Népal nous fait rêver. Mais y aller avec nos sacs à dos, nos chaussures de randonnées et nos grands sabots, cela ne nous permettrait pas d’en découvrir la face la plus sombre, celle que le pays essaye de cacher à ses touristes.

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