Présentation pays : l’Inde

FICHE D’IDENTITE : L’INDE

Inde

 

 

 

 

 

 

 

18 % de l’espèce humaine vit en Inde. Une fois que l’on a dit ça, on saisit bien sûr à quel point il est difficile de cerner un tel Etat-continent dans sa globalité. Car l’Inde est un pays à la diversité formidable, dans lequel 11 langues sont parlées par
plus de 30 millions de personnes, et où coexistent des dizaines de religions différentes, au premier rang desquelles l’Hindouisme (80 % de la population), l’Islam (14 %), le Christianisme (2 %) et le Sikhisme (2 %).

L’Inde est, à la base, un pays extrêmement riche qui regroupait 25 % des richesses de la planète au début du 19ème siècle… pour ne plus représenter que 2 % du PIB mondial au moment de son indépendance, en 1947. Depuis lors, si le pays a connu un certain essor économique (7 % de croissance moyenne de 1997 à 2011), son niveau de développement reste bas, comparable à des pays comme le Cambodge et le Ghana. Surtout, le boom économique a entraîné un accroissement considérable des inégalités, dans un pays où seule 32,7 % de la population vit en ville, et où la population rurale est soumise à de nombreux aléas climatiques, avec des risques de sécheresse très marqués dans certaines régions. Conséquence : 43,5 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition. Dans le monde, seul le Timor Oriental fait pire…

Conséquence de l’énorme disparité économique entre les états pauvres du nord du pays (Bihar et Bengale Occidental notamment) et l’attractivité de pôles économiques comme Chennai et Bangalore, l’Inde est un pays marqué par un exode rural massif. Ce phénomène est à l’origine de modèles de développement urbain anarchique, à l’image d’une ville comme Mumbai, tristement célèbre pour abriter le fameux slum de Dharavi, le bidonville le plus peuplé du monde. Forcément, cette précarité économique conduit à considérer très vite les enfants comme une source de revenus : ils sont près de 27 millions de petits d’hommes de moins de 15 ans à travailler, soit l’équivalent de deux fois et demie la population de l’Ile-de-France…

ETRE UNE FEMME EN INDE

Disons-le tout de suite : le classement de l’inde au Gender Gap Index (114ème sur 142) est un trompe-l’œil rendu possible par le nombre important de dirigeants de sexe féminin. Sur les 50 dernières années, le pays a été dirigé par une femme pendant 21 ans. C’est tout simplement le score le plus élevé de la planète, et cela a effectivement engendré de vrais progrès en termes d’émancipation, même si ceux-ci n’ont pas toujours été constatés dans l’ensemble de la société.

A part ça, la réalité de la situation des femmes en Inde est l’une des pires de la planète. Parlons d’abord de l’inégalité hommes – femmes sur le plan de l’économie : une femme indienne gagne en moyenne 1 980 $ par an (en parité de pouvoir d’achat), contre 4 fois plus pour son mari. Il faut dire que seules 30 % des femmes exercent une activité économique. Bien sûr, la dépendance économique qui en résulte crée une situation de dépendance, pouvant laisser place à de nombreuses dérives, telles que les violences conjugales, l’esclavage et la prostitution forcée.

Mais l’Inde, c’est aussi le foeticide féminin, c’est-à-dire le meurtre des filles à la naissance. On vient de le dire, une femme indienne gagne en moyenne beaucoup moins qu’un homme. Conséquence : pour beaucoup d’Indiens, une fille représente un coût pour l’avenir, et une source de contraintes, notamment pour regrouper l’argent de la dot qui doit être payée à la famille de son futur époux… L’infanticide des petites filles, ou leur mauvais traitement (le taux de mortalité infantile des filles est presque 2 fois plus élevé que chez les garçons), est un phénomène très répandu, a fortiori dans le nord du pays. Ce drame se traduit par une statistique terrible : on compte, à la naissance, 1,12 garçon pour 1 fille (contre 1,05 garçon pour 1 fille en France).  Ce sont près de 400 000 filles qui, chaque année, sont tuées à la naissance… C’est là un génocide qui ne dit pas son nom. Au-delà du drame humain que constitue ce phénomène, il convient de mentionner son impact à long terme, celui d’un déséquilibre de la société qui aboutit à un « déficit » de filles, et donc à la présence dans le pays de nombreux hommes célibataires…

POURQUOI ALLONS-NOUS EN INDE ?

Parce que, de tous les pays de notre itinéraire, c’est sans doute celui que nous connaissons le mieux : Aymeric, le blondinet de la bande, a vécu 6 mois à New Delhi, et ne part donc pas complètement dans l’inconnu.

Parce que l’Inde ne ressemble à aucun autre pays. Que l’on parle de traditions, de cuisine, de spiritualité, de cinéma ou de musique, la culture indienne est absolument unique, et bouleverse bien souvent nos certitudes et conditionnements occidentaux.

Parce que d’ici dix ans, ce sera le pays le plus peuplé de la planète. Et que, contrairement à la Chine, c’est un pays dans lequel les associations et groupements issus de la société civile ont un poids réel, ce qui rendra notre travail plus aisé à réaliser.

Parce que l’Inde est une évidence : c’est l’un des pays du monde où les problématiques liées à la situation des femmes sont les plus prégnantes, et surtout l’un de ceux où la différence entre les mentalités progressistes des grandes villes et le poids de la tradition est la plus marquée.

Parce que, chaque année, en Inde, c’est l’équivalent de deux fois la population de Lille intra muros qui disparaît, tuée à la naissance parce que de sexe féminin. Et que c’est un sujet dont l’on parle bien trop peu.

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