Présentation pays : le Burundi

FICHE D’IDENTITE : LE BURUNDI

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C’est sans doute le pays le moins connu de notre périple. Pourtant, le Burundi, état d’Afrique Centrale situé à proximité immédiate du Rwanda (nous traverserons la frontière par la voie terrestre) n’est pas un petit pays : il compte 10 millions d’habitants, sur une surface grande comme deux fois l’Ile-de-France mais dont l’altitude moyenne est de 1700 mètres (aucun point du pays n’est situé en-dessous de 772m !). A l’instar de son grand voisin la Tanzanie, il s’agit d’un espace géographique d’une richesse naturelle phénoménale, au point qu’il existe deux parcs nationaux et trois réserves naturelles sur un territoire pourtant restreint.

Dans le monde, seuls 4 pays ont un PIB / habitant inférieur à celui du Burundi : le Malawi, la R.D. Congo, la Somalie et la Centrafrique. De même, seuls 8 pays ont un Indice de Développement Humain inférieur à celui du Burundi… L’une des raisons principales de ce sous-développement réside dans une instabilité chronique, et notamment dans les conflits qui ont opposé les ethnies Hutu et Tutsi, conflit à l’origine de la perte de 200 000 vies humaines entre 1993 et 2005. Une  guerre qui apparaît comme l’effet buvard du génocide rwandais, mais qui s’est davantage étalée dans le temps, et qui n’a donc pas provoqué par la suite le même électrochoc généralisé qu’au pays des mille collines. Aujourd’hui, il apparaît que les richesses du Burundi sont extrêmement dépendantes de l’agriculture, qui occupe plus de 9 Burundais sur 10 (dont un bon nombre d’entre eux travaillent dans les plantations de café, qui regroupent 80 % des exportations du pays).

Dernièrement, le Burundi a été à la une de certains médias, pour des raisons essentiellement politiques. Tout s’est embrasé lorsque le Président actuel, Pierre Nkurunziza, appartenant à l’ethnie Hutu (largement majoritaire dans le pays : 85 % de la population) et censé incarner la transition démocratique amorcée par le Burundi à partir de 2005, s’est présenté en juillet dernier pour une deuxième réélection, chose qui n’était à l’origine pas permise dans la Constitution du pays. Réélu avec plus de 69 % des voix, il a dû faire face à une forte gronde populaire, encouragée par les partis d’opposition qui avaient boycotté le scrutin pour protester contre l’ingérence du gouvernement dans le déroulement des élections. Aujourd’hui, la situation s’est quelque peu stabilisée, et Pierre Nkurunziza a prêté sermon le 20 août dernier, promettant que ses opposants les plus violents étaient voués à être « dispersés comme la farine lancée en l’air ».

ETRE UNE FEMME AU BURUNDI

A l’image de son voisin rwandais, le Burundi présente un bilan assez remarquable en cas d’égalité hommes – femmes, et se classe 17ème au classement du Gender Gap Index, chose d’autant plus remarquable étant donné le degré de sous-développement du pays. Ce classement est principalement dû à des données économiques : les actifs sur le marché du travail sont plus souvent des femmes que des hommes, et leur salaire moyen ne diffère « que » de 28 %, ce qui est plutôt faible pour un pays en voie de développement. En termes d’éducation également, le bilan est positif, grâce notamment à une forte volonté de l’Etat qui y consacre 46 % de son budget annuel : dans l’enseignement primaire, la parité garçons-filles est respectée, et une fille qui rentre à l’école y passera, en moyenne, 10 ans (contre 11 ans pour les garçons).

D’autres données démographiques viennent nuancer ce constat. En moyenne, une femme burundaise met au monde plus de 6 enfants (6.14 pour être précis). Seuls le Mali et le Niger dépassent ce chiffre. Cette situation s’explique par de nombreux mariages précoces ainsi que par de fréquentes grossesses non désirées, qui sont souvent la cause de la sortie précoce du système éducatif pour les filles concernées. De plus, il induit une réalité économique complexe, qui a pour conséquence une forte prépondérance du travail infantile (19 % des enfants de 6 à 14 ans travaillent). De même, si les Burundaises sont dans une situation acceptable en termes de revenus moyens, elles ont un accès réduit au patrimoine, et il leur est extrêmement compliqué de pouvoir hériter de la terre de leurs parents.

POURQUOI ALLONS-NOUS AU BURUNDI ?

Parce que le Burundi est un contraste, presque une anomalie : Etat en situation d’échec sur les plans économique, sanitaire et politique, il n’en demeure pas moins un pays où l’égalité hommes-femmes est en très bonne voie.

Parce qu’avec un âge médian de 17 ans, le Burundi incarne mieux que n’importe quel autre pays la situation d’un Etat dont l’avenir se construit avec et par les générations futures. Dans le monde, seuls 8 pays, dont la plupart sont des terres d’immigration (Qatar, Jordanie, Liban notamment) connaissent une croissance démographique supérieure.

Parce qu’avec seulement 12 % de la population vivant en milieu urbain, le Burundi incarne parfaitement l’idée que le développement de l’Afrique passera par le développement de ses campagnes.

Pour le caractère profondément unique et original d’un voyage dans ce pays : en 2012, le pays n’avait accueilli que 3000 touristes ! Partir dans un pays dont l’on ne connaît absolument rien, c’est aussi cela l’esprit du Projet 51.

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